Pistes pour "Ma vie vue d'ici...et là !"

Pistes pour « Ma vie vue d’ici…et là ! »

(Photo J.G.)

Qu’est-ce qu’une piste ?

Une piste est une voie tracée afin d’orienter les recherches de quelqu’un autre. « Ma vie vue d’ici.. et là ! » invite à multiplier les approches et à admettre les plus surprenantes, car dans la mesure où il est question de la vie, nul n’est tenu de signifier ce qui convient ou non. En revanche, comme il est question de pratiques plastiques, quelques indications concernant les questions artistiques et esthétiques proposées par une telle invitation, peuvent s’avérer utiles afin d’accompagner une réalisation sans chercher à la contrôler. Aucune réalisation ne doit, en effet, ressembler à une autre. Une succession de travaux réalisés « à la manière de.. » ou en suivant précisément les directives d’une tierce personne manifesteraient un contre-sens dommageable, aussi bien, au libre-arbitre de chacun qu’à l’apprentissage artistique.

Quelques pistes sont déjà mises en ligne. D’autres suivront. Le compte Facebook donne des indications au jour le jour. N’hésitez pas à devenir nos amis !

Une image qui dit « ici » et « là »

  Ce petit pan de mur jaune n’en est plus un dès que le cadrage de la photographie situe la Lune dans le prolongement de ses fissures. Le bleu du ciel répond au jaune, l’angle du bâtiment à ceux du cadre de l’image, et nous entrons dans un univers symbolique qui se distingue du quotidien, bien qu’il en emprunte des éléments encore identifiables.Une seule image peut ainsi suffire à parler de  » Ma vie vue d’ici…et là ! », dans la mesure où l’objectif qui pointe vers la Lune, dit aussi combien celle qui photographie a les pieds sur Terre.

Nous sommes en présence d’une photographie, néanmoins « le petit pan de mur jaune » évoque la peinture et l’écriture. Nous sommes ici et là., et, la mémoire de l’écriture de Marcel Proust décrivant la mort de son héros Bergotte fasciné par un petit pan de mur jaune « Vue de Delft » de Vermeer, vient charger le regard d’émotions qui ne sont pas devant nos yeux.

Cette vidéo a été réalisée par l’écrivain François Bon. À sa manière et au moyen de sa chaîne YouTube, François Bon parle de la vie vue d’ici et là.

Champ et contre-champ

pour être « ici » et « là »

« Le champ-contrechamp est une technique et une esthétique de prises de vues dans les films, qui consiste à filmer une scène sous un angle donné, puis à filmer la même scène sous un angle opposé, à 180° du premier, ou selon une symétrie axiale ou une symétrie par rapport à un point, ou alors de filmer séparément deux actions qui, dans la réalité, se confrontent (face à face de deux armées, ou match de tennis, par exemple). Dans l’opération du montage, les deux prises de vues, champ et contrechamp, offrent un vaste choix de solutions de continuité de la scène. Les deux plans peuvent en effet être morcelés et assemblés selon les désirs du réalisateur ou les nécessités dramatiques du récit1. » Wikipédia

James Williamson, en 1900, est le premier cinéaste à utiliser ce procédé. Le film The Big Swallow de 1901 illustre l’usage qu’il en fait. En voici trois images.

 

Ici et là, en France, au Japon ou ailleurs

(Photo J.G. Martinique)

Les artistes n’ont jamais cessé de voyager. Le déplacement mental et physique fait ainsi partie du travail à entreprendre pour créer. Les lavandières peintes par Paul Gauguin à la Roubine du Roi à Arles entretiennent quelques parentés avec Les Pastorales tahitiennes réalisées, plus tard, quand le peintre s’installe dans des îles distantes de Paris, Pont-Aven ou Arles, mais s’en distinguent par de nombreux aspects. Le déplacement contribue à reconsidérer des façons de voir et des pratiques.

Le projet n’est en aucun cas de copier les œuvres de Gauguin (dont deux images font état ci-dessous) ou de tout autre artiste ayant voyagé. La proposition est de se déplacer soi-même, d’aller là où nos pas ne nous conduisent pas habituellement : dans une autre rue, un autre quartier, une autre région, un autre pays… Tout en revenant sur ses pas, pour reconsidérer ce qu’est notre quotidien. Des moments de la journée (le lever, le coucher, le sommeil…), des pratiques (le déjeuner, la toilette, le rangement, le bricolage, etc.), des âges de la vie, des lieux (les gares, les magasins, les écoles, les entrepôts, etc.), des systèmes symboliques (affiches, panneaux de signalisation, enseignes, etc.) peuvent servir de support à des investigations à discerner des communautés comme des variations ou des différences notoires.

 

L’empire des signes dans lequel Roland Barthes questionne la ville, le magasin, le théâtre, la politesse, les jardins, la violence.. peut également apporter une ouverture. Il y est question de quelques gestes, de quelques nourritures, de quelques poèmes et comme l’ajoutait l’auteur  » de visages, des yeux et des pinceaux avec quoi tout cela s’écrit mais ne se peint pas ».

Regarder sous un angle différent

Avec l’artiste Simon Starling, une maquette de bâtiment pénitentiaire néoclassique se transforme en poulailler fonctionnel.Pourquoi ne pas chercher à déceler d’autres déplacements possibles en utilisant la maquette et le changement d’échelle, en utilisant les animaux pour illustrer des comportements humains, etc.

(Simon Starling, Burn Time)