Que faire ensemble ?

L’invitation pour La Grande Lessive®

du 29 mars 2018

« Pierres à images et pierres à imaginer »

 

(Vidéo en cours de réalisation)

 

L’invitation adressée à tous pour La Grande Lessive® du 29 mars 2018 est : «  Pierres à images et pierres à imaginer ». Cette expression en évoque d’autres : « pierre imagée », « pierre figurée », « pierre graphique » ou « pierre de rêve »…

Deux pistes principales sont envisageables : celle de la collecte et de la transformation de pierres véritables et celle de la fabrication d’un artefact, c’est-à-dire un produit ayant subi une transformation, même minime, par l’homme, et qui se distingue ainsi d’un autre provoqué par un phénomène naturel (pierre en carton, en matière plastique ou en bois ; support imitant la pierre, etc.).

  • Il est possible de se mettre en quête d’une pierre qui présente à nos yeux une certaine étrangeté. Toutes les roches peuvent permettre d’en découvrir. Une telle pierre, dont la taille peut varier du plus petit caillou à la plaque de marbre monumentale, deviendra précieuse grâce au regard porté sur certains de ses aspects, puis en raison de l’interprétation que chacun en donnera. Il se peut de la sorte que ce qui n’était que « pierre » parmi les pierres constitue, au terme d’un travail plastique (sculpture, découpe, bas relief, collage, assemblage, installation dessin, peinture, image numérique, etc.), un ouvrage ou pourquoi pas une œuvre sollicitant la figuration ou l’abstraction.
  • Toutefois, il n’est pas question de faire reposer une démarche artistique uniquement sur une trouvaille. Si, dans l’environnement immédiat, aucune pierre ne satisfait les conditions attendues pour une pierre à images, il sera tout aussi opportun de concevoir des pierres en vue de les imager ou de fabriquer des supports en empruntant certaines aspects et propriétés des pierres.

 Dans les deux cas, l’étendage sur des fils au moyen de pinces à linge imposera de transformer ces réalisations à trois dimensions en représentations à deux dimensions au moyen d’outils numériques (photographies, scanners, etc.), du dessin (comme en archéologie ou géologie), de la peinture ou de tout autre médium contribuant à retirer le poids initial et à épargner tout problème technique et de sécurité.

Composé d’une succession de pierres imagées et de pierres imaginées, l’étendage s’apparentera au chemin laissé par le Petit Poucet.

Pourquoi ce choix ?

1

   Les pierres participent à ce qu’est notre Terre. Elles façonnent tout autant notre environnement que nos conditions de vie, concernent le réel autant que l’imaginaire. Elles constituent, à la fois, le sol sur lequel nous évoluons et la paroi qui limite nos déplacements physiques en autorisant la projection, la représentation, l’interprétation et l’exercice de pratiques artistiques.

  C’est, en effet, de la paroi et de la pierre qu’ont surgi les premières démarches à vocation artistique. Les traces crées sont parvenues jusqu’à nous en parlant tout autant de la vie de nos ancêtres que de leurs premières entreprises créatives. Elles se sont ainsi affranchies de l’instant présent grâce à des pratiques que nous nommons aujourd’hui « artistiques », mais qu’ils ne définissaient sans doute pas ainsi, tant la notion d’« art » nécessite une élaboration incessante impliquant toutes les générations qui se succèdent.

Choisir une pierre en vue de la transformer en autre chose que ce qu’elle est revient ainsi :

  • soit à utiliser ce que nous pouvons supposer partager avec eux, en somme ce que donne la Terre, quand bien même celle que nous connaissons aurait de quoi les surprendre,
  • soit à solliciter ce que notre imagination en tant qu’instrument créatif, de même que notre imaginaire personnel et collectif, quand il sont orientés en direction d’une pierre associée à une image, peuvent permettre de concevoir dans le cadre d’une installation artistique éphémère disposant de moyens communs à tous.

 

Grotte Chauvet, France. Visite virtuelle.

Grotte de Lascaux, France. Visite virtuelle.

Ostraca de l’Égypte antique (tesson de poterie support d’écriture)

Compte rendu d’un acte officiel
Haute-Égypte, Nouvel Empire, XIX dynastie, règne de Ramsès II, 1226 av. J.-C.

Sommet d’un kudurru portant des symboles divins inscrits
Suse, fin du IIe millénaire av. J.-C.

2

   S’emparer d’un matériau afin d’imaginer ce qu’il serait possible d’en faire entretient certainement de nombreuses parentés avec ce à quoi les premiers êtres humains ont été confrontés. Il s’agit ainsi d’anticiper, de se projeter, d’envisager un devenir possible – non seulement pour le matériau retenu en vue d’être modifié −, mais également pour soi-même. Qu’y aura-t-il à faire ? Quelles compétences seront sollicitées ? Lesquelles devront-elles être acquises ? Sera-t-il nécessaire de coopérer avec d’autres personnes et d’associer d’autres matériaux, supports, techniques, etc. ?

  Une telle démarche créative intéresse La Grande Lessive® car cette installation artistique éphémère est faite par tous – artistes ou non – tout autour de la Terre et les situations qui invitent à apprendre et à créer, à partir d’un même matériau, portent en elles-mêmes une infinité de développements, sans astreindre au respect d’un modèle unique ou à l’obtention d’une même apparence qui seraient contraires à l’esprit même de cette action.

« Les pierres à images et pierres à imaginer », de même que les processus et procédés que leur élaboration demandent, répondent ainsi, d’une part, à une précédente invitation « Matière(s) à penser » et, d’autre part, à une préoccupation constante associant l’étude de « quelque chose de l’art » qui conduit à se former, à une démarche créative.

Œuvre de Giuseppe Penone (né en 1945)

Œuvre de Joana Hadjithomas et Khalil Joreigne, Prix Marcel-Duchamp 2017

 

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