Que faire ensemble ?

Invitation pour La Grande Lessive® du 23 mars 2017

« Ma vie vue d’ici »

 

 

Chaque édition de La Grande Lessive® offre l’occasion d’explorer la pratique artistique sous un angle différent. Il y a eu « Que les couleurs du monde ! », « Transparents/pas transparents », « De jour comme de nuit, réfléchir la lumière ! », « La tête en bas », « Matière(s) à penser »… Le 23 mars 2017, il s’agira de partager vos témoignages, vos points de vue ou vos rêveries, à partir de l’invitation : « Ma vie vue d’ici ». La vidéo détaille ce projet qui verra le jour – grâce à vous – l’année des dix ans de La Grande Lessive® et dans un monde en effervescence. Ensemble nous réaliserons ainsi un instantané inédit pour témoigner de nos vies.

 

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 (Versailles, La Chambre du Roi, aujourd’hui ; DR, J.G, Place de la Fraternité, 2016)

Devenir des guetteurs

Avec « Ma vie vue d’ici », il sera question de vous. En conséquence, chaque réalisation sera singulière. Impossible de retrouver un point de vue se confondant entièrement avec le vôtre. Impossible d’imposer à une classe ou à un collectif une approche unique et un modèle initial à imiter ou à décliner.

Il sera, au contraire, nécessaire de rechercher une approche différente de celles des autres. Celle-ci sera particulière, inhabituelle, surprenante, étrange, curieuse, étonnante, extraordinaire ! Chacun deviendra le guetteur attentif de petits riens qui font le quotidien ou qui façonnent les rêves, ou bien de mouvements d’ampleur qui agitent le monde.

 

th-10(Vincent Van Gogh, Les souliers, DR)

Un regard

Le projet est de porter un regard sur le monde dans lequel nous évoluons, là où nous vivons, en fonction de qui nous sommes. L’enfant ne voit pas le monde à la même hauteur que l’adulte, et, quel que soit son âge, chacun discerne des priorités et des espaces différents en fonction de sa propre histoire, de ses conceptions et de ses aspirations.

« Ma vie vue d’ici » invite ainsi à partager ce sur quoi l’attention de chacun se pose. Par conséquent, il est probable que les étendages de La Grande Lessive® dévoileront des univers différents et s’apparenteront à une vision kaléidoscopique, plus qu’à un reportage cohérent. Néanmoins, comme dans tout projet collectif, il sera envisageable de travailler en connivence, sans pour autant chercher à réaliser un « exposé » au sens scolaire et réducteur du terme qui impliquerait un partage des tâches, un découpage et un récit construit. Le croisement et le déplacement de regards deviendront de la sorte des outils créatifs.

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(Shoji Hueda ; Nakaji Yasui, Jetée, 1930 ;  DR)

Un instantané

 Ainsi, comme La Grande Lessive® se déploie dans une centaine de pays tout autour de la Terre, ensemble, au moyen de cette installation artistique éphémère, nous composerons un instantané de ce qui l’agite. La photographie et les créations numériques y contribueront. La capture d’images, de même que leur traitement ou leur modification au moyen de logiciels, favorise en effet la sensation de « vie ». Toutefois, il sera possible également d’utiliser d’autres moyens plastiques graphiques ou picturaux, pour faire « ma vie vue d’ici », en couleur ou noir et blanc, en creux ou en relief, avec des aspérités ou aussi lisse que possible…

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(Umbo, Sans titre, 1928 ; Peter Beard, Lion Kill, après 1960)

Un point de vue et un cadrage

Pourquoi « Ma vie vue d’ici » ? Parce qu’il est question de donner du poids à ce qui est montré. Montrer à d’autres ce qui a été fait et, plus encore exposer, n’est pas chose facile. Il existe à ce moment-là une forme d’engagement vis-à-vis de soi-même et des autres. En effet, on ne dispose pas n’importe quoi en vue de remplir des fils à linge tendus à travers des espaces publics ou privés. Il n’y a pas à remplir, mais à apprendre à créer.

En choisissant d’agir au moyen du point de vue et du cadrage sur un format A4 rectangulaire, suspendu en « portrait » ou « paysage », un poids particulier est donné à ce qui est exposé. La vie est en quelque sorte arrêtée là, en cet espace précis, en raison de la décision de l’auteur(e) d’un cliché, d’un dessin, d’un collage… Il ne s’agit pas de la répétition d’un simple motif (comme le serait des carreaux, des lignes, des pois, des fleurs..). Il s’agit de définir de son point de vue personnel ce qui mérite d’être porté à la connaissance d’autres personnes.

Une liberté s’exerce et, cependant, il y a à cadrer afin de déterminer ce qui se retrouvera dans le champ et vu, comme ce qui demeurera hors champ et non vu, mais parfois compris. Alors, également, le point de vue d’un enfant souvent situé en contre-plongée par rapport à ce qui l’environne ne sera pas celui de l’adulte qui le domine en plongée ou qui regarde de manière frontale, c’est-à-dire à hauteur de ses propres yeux, sans voir ce qui est à ses pieds. Ce qui sera montré rendra de ce fait tangible ce qui ne se dit pas toujours ou ce qui ne peut se dire.

 Ma vie vue d’ici

« Ma vie vue d’ici » sera déposée par les uns et les autres sur un fil. Des « points » de vie feront ainsi « ligne », lors d’une installation artistique éphémère élaborée par des plusieurs centaines de milliers de personnes tout autour de la Terre, le 23 mars prochain.

© Joëlle Gonthier

Pour l’équipe de La Grande Lessive®

Novembre 2016