Le 26 mars 2020, une onde de fleurs s’est propagée de fenêtres en balcons. Ces fleurs restent modestes, fragiles, conçues avec les moyens du bord, seul·e ou en famille. Elles se balancent sur un fil en lieu et place du linge dont l’exhibition est interdite par les règlements de copropriété, de même que par un savoir-vivre qui impose de conserver pour soi ce qui est trop organique et humain.

Les fleurs investissent parfois les prairies et les bas-côtés des routes et des chemins. Elles sont aussi cultivées afin d’orner des lieux privilégiés. La fleur et la culture – au sens agricole du terme – constituent ainsi des marqueurs de distinction sociale.

En improvisant cette « Grande Lessive » en période de confinement, nous démontrons que nous savons les faire éclore. Nous ne recherchons pas la performance artistique et l’œuvre, c’est une autre démarche ! Nous cherchons à témoigner de notre vitalité, de notre inventivité et de notre fraternité. Nous cherchons à prendre une part active : confiné·e·s, mais créatif·ve·s ! Nous ne voulons pas être fauché·e·s comme ces fleurs dans les fossés ni éradiqué·e·s par quelque désherbant ! Nous poussons dans le moindre interstice. Nous sommes vivaces, mauvaises ou bonnes graines !

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