Qu’est-ce qu’une piste ?

Une piste permet de passer de l’inaction à l’action, de l’absence de pratique artistique à l’amorce d’une démarche. Les pistes publiées le sont afin de nourrir une réflexion personnelle. Elles n’ont pas vocation à être imposées à d’autres personnes. Si les réalisations conçues pour la prochaine « Grande Lessive » venaient à se ressembler au sein d’un même collectif, si les références artistiques conduisaient – non pas à découvrir sa propre manière de faire – mais à imiter plus ou moins maladroitement, cet état de fait ne correspondrait pas à celui attendu. Nous visons, en effet, l’autonomie de chaque spectacteur·trice.

Réservées à un usage personnel, ces pistes sont régies par la propriété intellectuelle. Toute diffusion sur tout type de support (site, document de stage, etc.) doit faire l’objet d’une convention avec l’association La Grande Lessive® et d’une rétribution.

Une méthode ?

La recherche de pistes de travail fait partie de la démarche à entreprendre. Elle débute, à plusieurs, par le questionnement des mots qui composent l’invitation. À chaque « Grande Lessive » correspond une invitation à explorer afin que les spectacteur·trice·s de cette installation artistique agissent en coopérant. De la diversité des voies investies dans le respect de la proposition initiale naît l’intérêt de cette oeuvre collective.

Un projet coopératif ?

Il s’agit de concevoir, un même jour tout autour de la Terre, une installation artistique éphémère au moyen de fils, de pinces et de réalisations de format A4 conçues à partir d’une invitation commune. Cette installation se réalise en extérieur. Son agencement demande d’envisager l’invitation du moment (« Inventons notre histoire ! »), les contraintes techniques et sanitaires, les déplacements des spectacteur·trice·s, etc. Chaque réalisation individuelle contribue ainsi à une réalisation collective issue de la coopération. Le respect de l’invitation commune est de ce fait primordial.

Pistes « Inventons notre histoire ! »

1 – « Inventons notre histoire ! » au moyen de captures d’écran

Vous fréquentez le web puisque vous lisez ce message. Vous connaissez son fonctionnement : après quelques jours ou quelques semaines, certaines informations disparaissent ou deviennent difficiles à retrouver. Soyons des filtres pour en conserver la mémoire pour nous-mêmes, nos familles et peut-être pour nos ami·e·s, nos voisin·e·s, etc. qui n’ont pas accès à ces informations. Pourquoi ne pas réaliser des captures d’écran afin de témoigner de la période actuelle ? À vous de choisir les documents dont vous conserverez la trace et ceux que vous laisserez filer dans le flot d’informations de tous ordres qui nous submerge : articles, chroniques, affiches, photos, dessins humoristiques, statistiques, posts sur réseaux sociaux, publicités, etc.

Le projet est de constituer un fichier en classant ces captures d’écran par ordre chronologique et selon les catégories qui vous intéressent. Il ne regarde que vous. Toutefois, si cela vous dit, vous pourrez vous en servir pour la prochaine « Grande Lessive ». Vous ne savez pas comment faire une capture d’écran ? Quelle heureuse occasion d’apprendre ! Si, si le déconfinement donne des ailes !

2 – « Inventons notre histoire ! » avec une boîte à chaussures

Il y a bien une boîte ou deux dans l’un de vos placards… Ce genre de boîte connait le confinement et aspire à découvrir le monde… Prenez en main son instruction ! Chaque jour à venir, déposez au-dedans une coupure de presse, un dessin, une photo, une peinture, un poème, un texte, ou tout autre élément fabriqué ou non par vos soins ou ceux de vos proches, afin de composer une mémoire pour vous-mêmes et votre famille. Attention, avant de déposer un élément, veuillez à ce qu’il ne soit pas souillé. Évitez par exemple de collectionner des masques et des gants usagés. Au fil du temps, cette boîte se métamorphosera en trésor. Ne nous remerciez pas : c’est un plaisir de changer grâce à vous le plomb en or ! D’ailleurs, vous saurez le faire, car, après avoir accumulé, il vous appartiendra de choisir ce que vous exposerez sur un fil en réalisant une photographie, un dessin, un collage…

3 – « Inventons notre histoire ! » avec un autoportrait

L’autoportrait est le portrait d’une personne fait par elle-même. Rien n’oblige à se précipiter pour le faire au moyen de la photographie et de l’appeler « selfie ». Rien ne contraint également à le publier sur les réseaux sociaux. Un autoportrait unique peut « couronner » des semaines de confinement ou de déconfinement, être une composition associant observation et invention. Élaborée au moyen du dessin ou de la peinture, cette réalisation vous garantit des heures et des jours de réflexions, de recherches, de conflits avec vous-mêmes, d’espérances déçues et d’accidents fertiles… En un mot, aucun ennui : vous vous tiendrez compagnie et vous garderez à jamais un témoignage incomparable de cette période de votre vie (mais si, mais si !).

Giorgio De Chirico (DR), Autoportrait, 1922-1924 (eh oui, il a pris son temps).

4 – « Inventons notre histoire ! » avec le détournement

Les Tontons flingueurs est une comédie franco-germano-italienne réalisée par Georges Lautner en 1963, sur un scénario d’Albert Simonin et des dialogues de Michel Audiard, avec comme acteurs principaux Lino Ventura, Bernard Blier, Jean Lefebvre et Francis Blanche. Ce film est une adaptation du roman Grisbi or not grisbi d’Albert Simonin, troisième volet d’une trilogie consacrée au truand Max le Menteur démarrée avec Touchez pas au grisbi, suivi par Le cave se rebiffe, tous deux également adaptés à l’écran. Toutefois, les trois adaptations cinématographiques sont indépendantes, et ne présentent pas ce caractère de trilogie comme dans les romans.

Ce film culte a fait l’objet de maints détournements, la version réalisée pendant le confinement l’a été par Rions con finés. Sur ce principe, à vous de concevoir le détournement d’une image, d’une affiche, etc.

5 – « Inventons notre histoire ! » avec des rues désertées

Comme beaucoup d’autres, le photographe Éric Bouvet a arpenté Paris pour réaliser des clichés des rues désertées. Les villes, les villages, les sites touristiques, les centres commerciaux, les parcs, les aires de jeux, les plages, etc. se sont retrouvés métamorphosés par l’absence d’êtres humains, la place concédée à la végétation et aux animaux… Au fil des jours de nouveaux paysages sont apparus. Vous avez peut-être conservé des traces de ce monde-là, photographié votre rue ou votre quartier… Votre connaissance des lieux et votre regard sont uniques. Si nous avons été nombreux·ses à agir ainsi, nous avons réalisé un inventaire d’ampleur en couvrant d’innombrables territoires. Partageons ces témoignages ou si vous préférez laisser agir votre mémoire et votre imagination, dessinez, peignez, digitalisez… Maintenant que les espaces publics ont repris vie, vous les regardez peut-être autrement. Partagez votre approche !

6 – « Inventons notre histoire ! » avec des images prises par des drones

Prenons de la hauteur. De nombreux sites ont mis en ligne des vidéos de villes désertes. Retrouvez la vôtre : celle où vivez, celle où vous êtes né·e, celle où vous passez vos vacances. Émotions garanties ou presque. Écrivez, notez ce qui vous vient, développez ou non, mais conservez ce témoignage précieux pour vous, votre famille et notre histoire. À vous de décider si vous réaliserez des captures d’écran, avant de les retravailler ou si vous représentez, grâce à d’autres moyens plastiques, un monde déserté vu du ciel.

VIDÉO – Confinement : des rues désertées dans certaines villes, découvrez les images vues du ciel par drone

7 – « Inventons notre histoire ! » avec des images prises dans la rue

Avez-vous collectionné des photos de files d’attente devant les magasins ? Si ce n’est pas le cas, vous pouvez encore en trouver sur le web et comparer ce qui s’est passé ici ou là. Choisissez une ou plusieurs images qui vous parlent et faites-les parler à votre tour en les confrontant, les combinant, etc. Reconstituez ces scènes avec des ami·e·s. Utilisez des masques, des gants, des repères au sol, des coiffes destinées à instaurer une distanciation physique…

 

Martin Argyroglo intitulée » Fenêtre sur tour »

8 – « Inventons notre histoire ! » depuis notre fenêtre

Les photographies prises pendant le confinement l’étaient souvent depuis une fenêtre. Nous vous proposons de découvrir la démarche du photographe Martin Argyroglo intitulée  « Fenêtre sur tour » . Vous avez peut-être agi comme lui. Choisissez un cliché afin de témoigner de ce point de vue particulier sur un espace que vous connaissez bien. Prenez un nouveau cliché aujourd’hui afin de comparer deux états de ce même lieu. Cherchez comment le modifier d’autre façon avec la lumière, l’ombre, la couleur, en introduisant un élément incongru…

9 – « Inventons notre histoire ! » avec la parodie

La parodie est une forme d’humour qui utilise le cadre, les personnages, le style et le fonctionnement d’une œuvre ou d’une institution pour s’en moquer. Elle se fonde, entre autres, sur l’inversion et l’exagération des caractéristiques appartenant au sujet parodié. À vous de décider qui ou quoi mérite une telle attention !

10 – « Inventons notre histoire ! » avec l’école à la maison

L’école à la maison est une expérience inédite en intensité et durée. À quoi se reconnaît l’école quand on est chez soi ? Impossible de faire l’école buissonnière : nous sommes déjà dedans. Difficile d’échapper à l’écran pourtant déconseillé à haute dose et aux jeunes enfants. Quelles nouvelles configurations familiales, quels nouveaux protocoles, quelles péripéties ? Vous avez peut-être pris des photos. Sinon, reconstituez des scènes réelles ou bien inventez de nouvelles situations comiques ou non, avant de réaliser des clichés. Explorez des points de vue différents, interrogez les enseignant·e·s directement concerné·e·s, consultez les sites officiels dédiés à cette action… Vous allez trouver des documents ou imaginez des scènes mémorables, c’est certain !

Photo J.G.

11 – « Inventons notre histoire ! » avec des témoignages de soignant·e·s

Vous allez trouver des idées… #nousnoublieronspas.

Photo trouvée sur le web sans aucune légende.