À Delme avec le Centre d'art contemporain

À Delme avec le Centre d’art contemporain

     Comment se met en place La Grande Lessive® dans une commune de moins de 6 000 habitants, située en Moselle entre Metz et Nancy, quand un centre d’art contemporain décide de la co-organiser avec différents partenaires ? Comment articuler ce qui se pratique déjà avec une manifestation d’art participatif qui possède des objectifs, des dispositifs et des contraintes spécifiques ? Comment explorer l’invitation adressée à tous «  De la couleur ! » afin de susciter l’implication de toutes les générations ?

Mettre en œuvre le principe de La Grande Lessive®

  Pour l’équipe de La Grande Lessive®, ce qui s’est déroulé en mars 2019 à Delme mérite l’attention à plus d’un titre. Sur un même territoire, ce sont en effet des acteurs importants de la cité qui ont agi ensemble afin de réaliser un projet artistique commun. Or, faire œuvre collective est le principe même de cette installation éphémère qui repose sur la rencontre, l’échange et la coopération. Ce qui importe est ainsi autant le processus engagé et les relations nouées que l’installation de fils et de réalisations faites par tous, à travers places et rues. La dynamique impulsée afin qu’un projet artistique existe est décisive. À Delme, l’invitation adressée à tous « De la couleur ! » a été adaptée et mise en relation avec la musique et les émotions. Une telle médiation a permis d’ouvrir le champ des possibles et créer une succession de micro-événements à l’intérieur d’un même projet.

  Nous publions ci-dessous le récit qu’en fait Camille Grasser, chargée des publics au Centre d’art contemporain – la synagogue de Delme. Les photographies sont à créditer soit au CAC, soit à Martine Picquard, Angélique Desforges, Anka Pernin.

À l’échelle du village

   Le centre d’art contemporain  – la synagogue de Delme et l’école élémentaire Joseph-Nicolas ont ainsi souhaité étendre La Grande Lessive® à l’échelle du village en invitant les différentes collectivités autour d’une action fédératrice et d’une thématique partagée « Couleurs et émotions ».  Les créations, réalisées sur des feuilles A4, ont été suspendues sur des fils avec des pinces à linge dans tous les lieux participants : l’école élémentaire Joseph-Nicolas, le centre d’art contemporain – la synagogue de Delme, la Mairie, l’école maternelle Le Blé en Herbe, le multi-accueil Anis et Diabolo, l’EHPAD Les Acacias, le collège André-Malraux et la médiathèque ludothèque intercommunale.

Des ateliers diversifiés à partir d’une même problématique

     Autour de cette approche chaque lieu a conçu et animé ses propres ateliers.

  •   Le centre d’art contemporain – la synagogue de Delme a proposé un premier atelier avec son équipe et celle de la Mairie et un autre avec des résidents de l’EHPAD Les Acacias. L’écoute d’extraits sonores de musiques de films (Les dents de la mer, Steven Spielberg, 1975  ;  Batman Rises, Christopher Nolan, 2012 ; Rabbi Jacob, Gérard Oury, 1973 ; Mon Oncle, Jacques Tati, 1958…) a inspiré les créations. Quelles émotions ressentons-nous en écoutant de la musique ? Comment traduire ces émotions à travers des gestes et des couleurs ? De nombreux artistes s’inspirent de la musique pour créer leurs œuvres. Lorsque Kandinsky entendait des sons, ces sons lui inspiraient des formes et des couleurs. Il était synesthète : il voyait les sons et entendait les couleurs !

  •   Travaillant sur les fêtes de Holi en Inde qui célèbrent l’arrivée du printemps, les élèves de CE2 ont réalisé un dessin symbolisant l’Inde qu’ils ont coloré à l’aide des poudres de Holi, diluées dans l’eau et saupoudrées sur la feuille préalablementencollée. Holi est une fête de la joie, où les gens de toutes les castes se mêlent et se jettent des poudres de couleurs, chaque couleur symbolisant un sentiment que l’on souhaite à l’autre.
  •   Les élèves de CP ont réalisé un trombinoscope avec quatre visages représentant les quatre émotions après recensement des yeux, des sourcils, des bouches dans des bandes dessinés. Ils ont ensuite associé une couleur à l’émotion représentée.
  • En CM1, les élèves ont associé une émotion et un geste à une couleur. Si la couleur rouge représente la colère, le geste devait également traduire l’émotion voulue. 

  • Au collège, les élèves ont été invités à représenter une expression colorée : « se fâcher tout rouge / Voir rouge » (se mettre en colère), « voir des éléphants roses » (avoir des hallucinations), « voir la vie en rose » (être optimiste, joyeux), « être fleur bleue » (être sentimental), « avoir une peur bleue » (avoir une très grande peur),  « se mettre au vert » (se reposer à la campagne)…

     

  • À l’école maternelle, les élèves ont travaillé sur le thème des émotions à partir d’albums de littérature de jeunesse sur ce thème. Dans ces albums les émotions sont souvent liées à des couleurs. Après s’être entrainé à mimer les émotions, chaque élève a choisi celle qui lui plaisait le plus, l’a reproduite en la dessinant ou en se faisant prendre en photo et l’a associé à la couleur qui la représentait le mieux selon lui.
  • À la médiathèque, des ateliers enfants et adultes ont été proposés pendant les vacances scolaires autour de l’album La couleur des émotions d’Annellenas qui narre l’histoire d’un petit monstre tout barbouillé et ne sachant plus ce qu’il ressent. L’idée était de reprendre une à plusieurs couleurs découvertes dans le livre, représenter le monstre ainsi que divers éléments selon ses envies.Le monstre des couleurs a également inspiré les ateliers menés au multi-accueil Anis & Diabolo. Les enfants ont ainsi associé une couleur à l’émotion représentée.

Un effet certain

  La Grande Lessive® a réuni toutes les générations dans ce projet qui au-delà des installations finales visibles dans le village tout au long de la journée du 28 mars, a créé de beaux moments d’échanges entre tous les participants et a resserré les liens entre les différentes structures delmoises !