L’école publique :

Donald Baechler, Crown painting #3-B,Crowd Painting #3-B, peinture acrylique,
collage de tissu sur toile (203,2 × 203,2 cm), 1996, DR
Une école publique est un établissement d’enseignement créé et géré par l’État ou par des collectivités territoriales (comme les communes, départements ou régions), financé par des fonds publics. Elle gratuite, laïque et ouverte. Elle est ouverte à tous les enfants sans distinction d’origine, de milieu social, d’avis ou de croyance. (La Grande Lessive® fait de même).
En France, l’école publique moderne et républicaine a été créée par les lois Jules Ferry entre 1881 et 1882, qui l’ont rendue gratuite, laïque et obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans.
Nous vous proposons de découvrir les dates retenues par l’IA (Intelligence artificielle et non Inspection d’Académie). Il est probable que l’histoire de votre famille, votre parcours scolaire ou professionnel, de même que l’actualité, y ajoutent des événements.
L’école publique moderne en France s’est construite en trois grandes étapes clés de la Révolution à la IIIe République.
- Les prémices révolutionnaires
- 1793 (an II) : La loi du 19 décembre 1793 proclame pour la première fois une école publique, gratuite et obligatoire pour tous (peu appliquée en raison du contexte politique).
- L’impulsion de la Monarchie de Juillet
- 1833 : La loi Guizot oblige chaque commune de plus de 500 habitants à ouvrir une école primaire de garçons.
- 1867 : La loi Duruy étend l’obligation aux écoles de filles dans les communes de plus de 500 habitants.
- L’école républicaine et laïque (lois Ferry)
- 1881 : Loi du 16 juin instaurant la gratuité absolue de l’enseignement primaire public.
- 1882 : Loi du 28 mars rendant l’école obligatoire (de 6 à 13 ans) et laïque (remplacement du catéchisme par l’instruction morale et civique).
- 1886 : Loi organicité/laïcité interdisant aux religieux d’enseigner dans le public (les « hussards noirs de la République »).
Évolutions ultérieures majeures
- 1959 : Scolarité obligatoire portée à 16 ans (ordonnance Berthoin).
- 2019 : Instruction obligatoire dès 3 ans.
- La mixité scolaire devient obligatoire en 1975 avec la loi Haby, appliquée progressivement jusqu’en 1976 pour le primaire et le secondaire.
La mixité

La mixité à l’école est de date récente en France : elle est devenue obligatoire pour l’ensemble de l’enseignement primaire et secondaire avec la loi Haby du 11 juillet 1975 (et ses décrets d’application de 1976). Les plus anciens d’entre-nous conservent en mémoire les écoles de filles séparées des écoles de garçons. Les plus jeunes peuvent de ce fait ignorer que la mixité a été un combat. « Haut l’école ! » donne l’occasion de le rappeler et de s’intéresser à cette question ici et là.
Une archive de l’INA L’avenir est à vous Pour ou contre l’école mixte ou la capsule Pour ou contre l’école mixte permet d’explorer l’école sous cet angle.
Et pour l’art, quelle école ?
Les ancêtres institutionnels de l’école des Beaux-arts sont les Académies Royales
Sous l’Ancien Régime, l’enseignement des arts était régi par l’État à travers deux institutions majeures créées sous Louis XIV, initialement installées au Palais du Louvre :
- L’Académie royale de peinture et de sculpture : Fondée en 1648 sous l’impulsion de Mazarin et portée par Charles Le Brun.
- L’Académie royale d’architecture : Créée en 1671.
Ces académies dispensaient les cours officiels et organisaient le prestigieux concours du Grand Prix (futur Prix de Rome). Elles furent dissoutes en 1793 par la Convention nationale au moment de la Révolution française.

Séance de l’Académie royale de peinture et de sculpture au Louvre 1717 / 1718 (Fin du XVIIe siècle – début du XVIIIe siècle)
Jean-Baptiste Martin, Musée du Louvre, Paris, DR.
La transition révolutionnaire et napoléonienne (1793 – 1816)
Après la fermeture des Académies royales, l’enseignement ne s’arrête pas complètement mais devient itinérant et fragmenté.
- Des écoles provisoires au Louvre : Une « école gratuite de dessin » et des ateliers d’art continuent d’occuper les galeries du Louvre.
- Le collège des Quatre-Nations (1805) : Lorsque Napoléon Bonaparte décide de transformer l’intégralité du Louvre en musée, les écoles d’art sont délogées. Elles s’installent de manière précaire dans l’actuel Institut de France (alors collège des Quatre-Nations).
L’École des beaux-arts de Paris a été fondée en 1817, puis officiellement réorganisée et instituée par l’ordonnance de Louis-Philippe le 4 août 1819.
La mixité dans les écoles d’art
L’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris s’est ouverte aux femmes entre 1896 et 1897, grâce au combat mené par l’Union des femmes peintres et sculpteurs (fondée par Hélène Bertaux).
Chronologie clé :
- 1881–1896 : Campagne active de l’Union des femmes peintres et sculpteurs pour l’égalité d’accès.
- 1896–1897 : Admission progressive des premières élèves à l’École des Beaux-Arts.
- 1900 : Accès aux cours de modèle vivant (ateliers).
- 1903 : Droit de concourir au prestigieux Prix de Rome.
- 1911 : Lucienne Antoinette Heuvelmans devient la première femme à remporter le Prix de Rome en sculpture.
Alternatives de l’époque :
Avant 1897, les femmes étudiaient dans des structures privées plus inclusives, comme l’Académie Julian (ouverte en 1868).

L’atelier Humbert aux Beaux-Arts de Paris au début du XXe siècle, DR.
Chronologie :
- 1881–1896 : Campagne active de l’Union des femmes peintres et sculpteurs pour l’égalité d’accès.
- 1896–1897 : Admission progressive des premières élèves à l’École des Beaux-Arts.
- 1900 : Accès aux cours de modèle vivant (ateliers).
- 1903 : Droit de concourir au prestigieux Prix de Rome.
- 1911 : Lucienne Antoinette Heuvelmans devient la première femme à remporter le Prix de Rome en sculpture
- Avant 1897, les femmes étudiaient dans des structures privées plus inclusives, comme l’Académie Julian (ouverte en 1868).
Catherine Gonnard, auteure de L’accès des femmes à l’École nationale des beaux-arts de Paris : Une lutte de l’Union des femmes peintres et sculpteurs et de ses allié·e·s décrit la situation de l’époque : « En 1881, quand la sculptrice Hélène Bertaux et ses amies artistes fondent l’Union des femmes peintres et sculpteurs, les jeunes femmes qui veulent devenir artistes ne peuvent suivre l’enseignement gratuit de l’École nationale des beaux-arts, à Paris, et concourir à ses prix prestigieux. Cela va constituer un combat d’une vingtaine d’années que vont mener tour à tour les deux présidentes de l’Union, Hélène Bertaux et Virginie Demont-Breton. Elles seront soutenues par la presse féministe, La Citoyenne puis La Fronde, mais aussi par des théoriciens de l’enseignement comme Édouard Petit et des responsables politiques comme René Viviani. Il s’agit non seulement d’acter la professionnalisation des femmes artistes, leur droit à l’égalité d’enseignement avec les hommes, mais aussi d’accorder aux femmes l’accès symbolique à l’art officiel et à ses honneurs. Cette lutte, souvent oubliée par les historien·ne·s du féminisme ou de l’art, a pourtant été perçue comme exemplaire par les contemporain·e·s. »
Cet ouvrage fait suite à la tenue d’un colloque international pluridisciplinaire organisé les 19 et 20 septembre 2019 au Centre Pompidou et au musée d’Orsay, à Paris, en partenariat en partenariat avec l’association AWARE (Archives of Women Artists, Research and Exhibitions).. Intitulé Faire œuvre. La formation et la professionnalisation des artistes femmes aux XIXe et XXe siècles, le colloque entendait dresser un état actuel de la recherche sur l’accession des artistes femmes aux structures d’enseignement, en France et à l’étranger, qu’il s’agisse des ateliers, des académies privées ou des écoles publiques.
L’école vue au cinéma
Que nous soyons élèves, enseignants, parents ou anciens élèves, regarder l’école sur grand écran en modifie la perception. Profitons des conseils avisés d’École au cinéma pour recenser quelques films susceptibles d’en enrichir notre connaissance.
Rumba (Bruno Romy, Dominique Abel, Fiona Gordon, 2008) :
Fiona et Dom forment un couple heureux. Les deux professeurs partagent une passion pour la danse latine. Or, une nuit, après une compétition glorieuse, ils se retrouvent dans un accident de voiture qui met leur vie sens dessus dessous.
À vol d’oiseaux (Émily Worms, Gabriel Hénot-Lefèvre, Charlie Belin, 2023) : « À vol d’oiseaux » rassemble trois courts métrages d’animation délicats et sensibles. Un programme comme une parenthèse de douceur, où les adultes retrouvent leur âme d’enfant, les plus jeunes grandissent dans l’espoir d’une vie bienveillante, où chacun est incité à sortir de sa coquille pour voler de ses propres ailes.
Takara, la nuit où j’ai nagé (Damien Manivel, Kohei Higarashi, 2017) : Les montagnes enneigées du Japon. Comme chaque nuit, un poissonnier se rend au marché en ville. Réveillé par son départ, son fils de six ans n’arrive pas à se rendormir. Dans la maison où tout le monde dort, le petit garçon fait un dessin qu’il glisse dans son cartable. Le matin, sa silhouette pleine de sommeil s’écarte du chemin de l’école et titube dans la neige, vers la ville, pour aller retrouver son père.
Les 400 coups (François Truffaut, 1959) : Antoine Doisnel est un adolescent rebelle. Il sait ne pas être « le fils de son père » et surprend un jour sa mère avec un inconnu. Il se met à fuguer puis, récupéré par ses parents, un nouveau départ semble démarrer dans une confiance rétablie. Mais Antoine subit alors une injustice scolaire et les quatre cents coups reprennent de plus belle…

Tony Stella, affiche de Bonjour, DR
Bonjour (Yasujiro Ozu, 1959) : Deux frères veulent une télévision et ils entament alors une grève de la parole.
Capitaines ! (Nicolas Hu, Séléna Picque, Noémi Gruner) : Du courage. C’est ce qu’il faudra à nos deux héroïnes, pour briser les barrières et avancer dans cette fabuleuse aventure qu’est la vie ! Comment trouver sa place parmi les autres ? De manière sensible, ces deux films évoquent la difficulté d’intégration de ces petites filles, dont l’une doit dépasser la barrière sociale, l’autre la barrière culturelle. Deux jolis portraits d’héroïnes fortes.
L’école du bout du monde (Pawo Choyning Dorji, 2020) : Ugyen Dorji, un jeune instituteur du Bhoutan, n’est pas motivé à l’idée d’enseigner dans la partie la plus reculée du pays. Une fois sur place, après un long et pénible voyage, il se rend compte que la vie y sera difficile. Il prend son courage à deux mains et crée une vraie salle de classe.

Affiche Katia et le crocodile, DR
Katia et le crocodile (Véra Plivova-Simkova, 1966) : Misha, un petit garçon, confie à Katia, 8 ans, les animaux de son école qu’il doit garder pendant les vacances : un macaque, des souris blanches, des lapins, des tortues, un étourneau… et un petit crocodile. Mais le reptile s’échappe et l’oiseau s’envole. Bientôt, tous les animaux se dispersent dans la ville. Le quartier entier se lance alors à la recherche des fugitifs dans une délirante poursuite.
Où est la maison de mon ami ? (Abas Kiarostami, 1990) : Un village iranien. Ahmad et Mohamed sont deux nouveaux copains. Le premier a emporté par mégarde le cahier de l’autre, alors que l’instituteur a menacé de renvoi ceux qui ne présentent pas leurs devoirs sur leurs cahiers. Mohamed risque donc le pire. Ahmad part à la recherche de son copain pour lui rendre son cahier, mais il ne sait pas dans quel hameau voisin il habite, et son nom de famille est très répandu.
Portraits (Éléonor Gilbert, Angèle Chiodo, Johan Van Der Keuken, 2018) : Un documentaire sur une petite fille qui tente de représenter la répartition des jeux dans sa cour de récréation pour mettre à jour sa pensée, une balade inspirée sur une gamine d’Amsterdam par un cinéaste inventeur de formes, et un film de fin d’études d’une réalisatrice qui a mélangé les registres pour mettre en scène sa grand-mère tout en enquêtant sur la sole. Quelle liberté ! De style, de ton et d’expression ! Ces trois films nous donnent le sentiment réjouissant d’assister à leur création. Car dans les trois, on retrouve une complicité du sujet filmé avec l’auteur.
Tomboy (Céline Sciamma, 201) : Au cours des dernières années, la famille de Laure n’a cessé de déménager un peu partout en France. Comme elle croit que cette fois ne sera pas différente des autres, Laure, qui a l’allure d’un petit garçon, décide de se présenter aux gamins de son quartier sous l’identité de Michaël.
Une année polaire (Samuel Collardey, 2018) : Pour son premier poste d’instituteur, Anders choisit l’aventure et les grands espaces : il part enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Dans ce village isolé du reste du monde, la vie est rude, plus rude que ce qu’Anders imaginait. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes.
Wadjda (Haifaa al-Mansour, 2013) : Wadjda, dix ans, habite dans une banlieue de Riyadh, capitale de l’Arabie Saoudite. Issue d’un milieu conservateur, Wadjda est une fille pleine de vie, et cherche toujours à en faire plus que ce qui lui est permis. Après une bagarre avec son ami Abdullah, elle aperçoit un beau vélo vert à vendre.Un film de: Haifaa Al-Mansour.
Zéro de conduite (Jean Vigo, 1933) : Dans un pensionnat de province, entre chahuts, punitions, études et récréations, trois gamins fomentent une rébellion.
L’école vue au théâtre

Tadeusz Kantor, La classe morte, DR
L’école intéresse le jeu dramatique. Le rapport de maître à élève intéresse auteurs, metteurs en scène et acteurs de toutes époques, genres et approches. Le dispositif théâtral traditionnel permet d’imaginer un quatrième mur invisible entre la scène et la salle. Le public regarde ainsi avec distance des modalités d’apprentissage connues de toutes et tous. En France, Topaze de Marcel Pagnol ou La leçon d’Eugène Ionesco ont souvent fait l’objet de cours de lettres. Passé du cinéma au théâtre, Le cercle des poètes disparus de Peter Weir continue à inspirer des mises en scène. Nous vous laissons découvrir la diversité et la richesse d’un répertoire mondial pour attirer votre attention sur une création ayant fait date : La Classe morte (Umarła klasa) pièce de théâtre ou séance dramatique créée en 1975 à Cracovie par le metteur en scène et plasticien polonais Tadeusz Kantor.
La Classe morte est une pièce de théâtre présentée par Tadeusz Kant au Festival mondial du théâtre de Nancy en 1975. En 1977, Andrzej Wajda crée à partir de la pièce un documentaire télévisé.
Le spectacle se déroule dans une salle de classe, avec des enfants joués par des vieillards, eux-mêmes joués par les comédiens. Chacun de ces « enfants » porte le corps/le pantin de leur jeunesse, comme des cadavres. Tous les personnages présents sur scène sont marionnette et/ou marionnettiste. La Classe morte n’a pas d’histoire à proprement parler. La pièce n’est faite que de « tableaux-séquences » représentant une thématique. Ces tableaux sont entre-coupés d’une parade. Elle parle de thèmes comme la guerre, l’éducation, les professeurs, l’attente, le retour, l’enfance, la vieillesse, la mémoire, l’amnésie, la perte de l’enfance, la maternité, et surtout de la mort.Les enfants revivent l’école, les leçons qu’ils oublient ou qu’ils récitent bêtement. Ils pleurent lorsqu’on fait mention de sujet d’adultes tels que les mariages, l’adultère et surtout l’accouchement. Les élèves parlent les uns au-dessus des autres, se disputent pour des amourettes, se chuchotent les réponses, vont au coin… Ils représentent à la fois leurs enfances et leurs problèmes d’adultes, comme un retour aux sources.

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