Ateliers au jour le jour pour déplacer les murs

Ateliers au jour le jour pour déplacer les murs

Qu’est-ce qu’un atelier ?

 

  Un atelier invite à  l’aventure, sans se déplacer autrement que dans sa tête.

  Nous proposons quelques situations de départ et vous cheminer à partir d’elles ! À l’arrivée, plus il y aura des différences, des nuances et des variations entre les réalisations des un·e·s et des autres si vous réussissez à élaborer votre propre démarche en conservant quelques traces des données communes ! En somme, nous vous proposons des jeux en société. Vous pouvez être seul·e en sachant que d’autres agissent au même moment que vous ailleurs. Vous pouvez être deux, trois ou davantage dans un même appartement ou maison. Vous pouvez agir via Skype, Messenger ou WhatsApp avec des personnes confinées à l’autre bout du monde ou sur votre pallier. Allons-y !

 

« Fleurir ensemble ! »

 

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   Soit vous avez des fleurs chez vous, soit aucune ! Dans les cas, pas de problème ! Nous vous proposons de lire tous les ateliers, car lire permet de trouver des idées.

   Avec des fleurs, la photographie est la plus rapide à la condition de disposer aussi d’une imprimante, même en noir et blanc. Si vous n’en avez pas vous pourrez partager vos réalisations (car nous ne parlons pas de « créations » réservées à des démarches plus élaborées sur une durée plus longue) via des messages, les réseaux sociaux en ajoutant #fleurirensemble #LaGrandeLessive.

  Cherchez à vous surprendre. Si vous réalisez un cliché qui ne vous satisfait pas, recommencez maintes et maintes fois.

  Changez la distance : de près, de plus loin… Changez le point de vue : de face, de dessus, etc. Allongez vous au sol… Profitez-en pour faire de l’exercice. Changez la lumière : le matin, le soir, avec ou sans éclairage additionnel (lampe torche, etc.). Profitez-en pour faire le ménage et changer de décor. Accueillez les changements météos avec bonheur. Ils vous apportent des solutions créatives. Changez les filtres (avec ou sans couleur, couleur saturée ou non…) et jouez avec les réglages de contraste, etc. Recadrez la prise de vue…  Profitez-en pour reconsidérer le monde ! Ajoutez un accessoire aux fleurs : un élément incongru à deux ou trois dimensions. Les cadeaux des copains et les objets de famille peuvent être d’un secours insoupçonné ! Retravaillez l’image sur ordinateur… Imprimez-la, puis intervenez dessus au crayon, à l’encre, à la peinture, avec des collages… N’oubliez pas toutefois, de choisir entre plusieurs solutions sans les cumuler toutes sur un même support.  » Moins, c’est plus!  » en matière artistique, pas en période de confinement.

  En fait, l’un des avantages de cette contrainte est d’offrir une occasion unique de découvrir le mode d’emploi de votre appareil photo, de votre smartphone et de quelques logiciels de retouche d’image.

  Quand vous aurez sélectionné deux ou trois réalisations, tentez de les agencer les unes par rapport aux autres. Racontez ou non une histoire, vous aurez ainsi de nouvelles idées. Jouez avec les contrastes de matières (lisse/rugueux, coloré ou non, perforé ou non, transparent ou pas, etc.). Associez une photo à la plante réelle. Tentez de réaliser un simulacre de fleur avec d’autres moyens plastiques : bricolez avec les moyens du bord. Bonne occasion de vider ses placards !

  Enfin si vous êtes un, deux ou plus, faites-vous des surprises ! Vous pouvez le faire ensemble, mais si vous agissez chacun·e de votre côté avant de dévoiler vos réalisations, quel spectacle vivant en une période où nous en manquons tant ! Imaginez des mots, des chants, des musiques… Mettez en scène vos réalisations individuelles. Modifiez-les à plusieurs. Faites une composition collective. Essayez d’agencer vos réalisations sur un fil au moyen de pinces à linge à vos fenêtres ou sur votre balcon. Changez leur disposition tous les jours au besoin pour manifester votre humeur, éclairer une journée, vous sentir vivre !

   Vous l’aurez compris, si vous n’avez pas de fleurs sous la main, vous en avez en tête ! Ce que nous venons de proposer est adaptable.

Demain, atelier de dessin de fleurs pour toutes les générations, car nous entendons d’ici certain·e·s affirmer ne pas avoir d’imagination !

 

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  Vous n’avez pas de fleurs sous la main et vous désespérez… Nous sommes là pas de souci ! Maintenant vous lamentez parce que vous ne savez pas dessiner. Damned!  Nous allons apprendre ensemble, parce que ça s’apprend ! Si, si ! Vous avez besoin d’un modèle ? Prenons-en un pour mieux l’abandonner, le transformer, le disloquer, enfin inventer.

  Par ces temps de confinement, nous avons réussi à réaliser ce dessin de fleur à partir de moyens réduits : cinq pétales, une tige, deux feuilles et bien sûr un cœur, car qui n’en a pas de nos jours ?

 Dessinez-là sur une feuille de papier (et non de fleur!). Si vous êtes plusieurs, chacun·e en dessine une. Ne la faites pas trop grande car nous allons en dessiner des dizaines ! Mais si vous allez y arriver ! Nous allons d’abord refaire cette fleur en changeant les proportions : une solution, une fleur ! Par exemple, une fleur avec une tige immense, le reste ne varie pas. Une fleur avec des pétales minuscules, le reste ne varie pas, etc. Trouvez comment changer l’apparence en ne modifiant qu’un élément à la fois. Quand vous aurez réalisé le plus grand nombre de combinaisons possibles, chambouler tout en même temps : la taille du cœur, de la tige, des feuilles, des pétales.

  Maintenant que vous savez faire jouer les proportions, changez les emplacements : les deux feuilles à la place des pétales, etc. jusqu’à recenser toutes les solutions. Vous pouvez jouer à plusieurs et faire ainsi de la logique… Vous lancez des défis de rapidité…

  Désormais, vous pouvez changer la forme de chaque élément, puis sa couleur, sa matière, associer plusieurs fleurs, etc.

  Nous vous laissons continuer. Nous partons sur la pointe des pieds…

 

©JoëlleGonthier/LaGrandeLessive

 

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   Aujourd’hui, c’est le premier jour du printemps ! Au moins dans l’hémisphère nord de la planète. Vos hémisphères droits et gauches sont encore dans le brouillard. Vous décidez de ranger… et de ce fait vous commencer à gamberger ! Quelle belle journée pour bricoler ! Le moindre paquet de pâtes, le moindre rouleau de PQ, vous apporte une satisfaction inédite. C’est sûr, vous allez « Fleurir » au sens de vous épanouir, vous élever, vous métamorphoser en être pensant et créatif. Vous cherchez ciseaux, colle, ruban adhésif et bien d’autres outils pour assembler ensemble ce qui jusque-là s’ignorait au fond d’un tiroir, d’un placard, d’une poubelle. Bravo !

Yuken Teruya, Corner Forest, 2003-2009 (DR)

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   Oups ! Vous avez le sentiment de tourner en rond. Vous manquez d’idées ! Nous vous invitons à naviguer sur le site Images d’art .

  Vous découvrirez, collecterez et partagez les œuvres d’art des musées français. Vous cheminerez par musées, périodes, auteurs, techniques, mots-clés en tous domaines. À vous de réaliser des albums, d’adresser des messages illustrés, de publier des œuvres sur les réseaux sociaux, de les imprimer pour les modifier directement ou au gré de découpages et de collages, de montages surprenants, de combinaisons détonantes… Promenez-vous, prenez l’air en restant chez vous, avant de revenir les bras chargés de fleurs !

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   Pas le temps de faire des fleurs, vous préparez le déjeuner… Soudain, cela vous saute aux yeux, le choux que vous apprêtez à couper en lamelles sont des fleurs ! Changement de menu illico presto ! Un dessin de choux, un choux en couleur : rouge, vert, jaune, bleu, à poids, à rayures… Une feuille de choux trempée dans de la sauce tomate, puis déposée sur une feuille de papier : des empreintes, des traces, des fleurs… Une feuille de choux sous l’objectif de votre appareil photo : un cliché, puis deux, puis trois… Enfin le papier qui emballait le choux vous donne l’envie de le froisser, de le plier, de le déchirer, de l’assembler, de le coller… Et voilà une fleur ! Les idées naissent dans les choux.

  Rien pour le repas ! Mais quelle nourriture intellectuelle ! Demain, vous vous attaquerez aux carottes, aux radis, aux oignons…

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  Les pommes de terre ! Une fois sèches, les épluchures de pomme de terre qui n’auront pas été transformées en chips peuvent servir à concevoir des fleurs en volumes. Toutes les épluchures d’ailleurs : oranges, courgettes, etc.

  Plusieurs solutions s’offrent à vous : soit vous réalisez des compositions qui flétriront avec bonheur au fil des jours afin de passer par des apparences inattendues, soit dès le premier jour, vous les photographiez ou les dessinez pour conserver un état proche de la maturation du fruit ou du légume. Un artiste a beaucoup utilisé les épluchures : Gaston Chaissac (1910-1944). Il écrivait à Jean Dubuffet « je parle peut-être un peu trop d’épluchures au gré de certains, ça va faire éplucher de plus en plus mes lettres » , avant d’ajouter que « l’avenir de l’art pictural est dans les épluchures ».

  Si le végétal ne vous tente pas, essayez les objets… juste avant ou après une lessive !

 

Martin Roller

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Vous vous demandiez si l’atelier allait être publié.  Toute la journée, vous avez pensé à ce que vous ne saviez pas faire sans nous ! Enfin, le moment est venu de le découvrir. Les conversations ne tournent pas uniquement autour des fleurs, le virus rode, la maladie aussi. Les fleurs en parlent déjà depuis longtemps à leur manière… Elles fanent, elles passent… Le noir et blanc peut vous aider à l’exprimer. Il existe sans doute d’autres voies. L’une des plus connues est celle des Vanités. Une vanité est une représentation allégorique de la mort, du passage du temps, de la vacuité des passions et activités humaines. À vous d’en composer une en dessin, en peinture, en photographie, en collage, en mots…

 

Charles Nègre (1820-1880)

 

Vanité, école hollandaise… Nous vous laissons en chercher les références afin de découvrir d’autres Vanités !

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  Jour de ménage et veille de Grande Lessive. Le lien entre les fleurs et un balai est peu évident. Vous en discernez un cependant : le genêt à balais (Cytisus scoparius) est une espèce d’arbustes à feuillage caduc de la famille des Fabaceae originaire du nord-ouest de l’Europe, longtemps utilisée pour en faire des balais, une fois sec. Depuis l’apparition de la matière plastique, on s’ingénie à reproduire son aspect en vert fluo.

  Vous avez une idée, pour la Grande Lessive, vous allez transformer balais brosse, aspirateurs et autres ustensiles ménagers en fleurs… après les avoir désinfectés bien sûrs ou, pour ne prendre aucun risque, en les introduisant dans des dessins, peintures, collages à tendance surréaliste ! Quelques publicités de supermarchés ou quelques vestiges de catalogues de vente par correspondance feront l’affaire.

 

La Joconde est dans l’escalier, Robert Filliou DR

  Si tout ce qui a trait au ménage vous rebute, il reste les fleurs. Explorerez l’univers de Giorgia O’Keeffe

 

Fleur par Giorgia O’Keeffe (DR)

JOUR J

 

 Comme dit le proverbe :  » À grand jour, Grande Lessive ! ». L’atelier consiste à réaliser une installation. Ce terme vous a semblé étranger à vos pratiques jusqu’à ce que vous vous aperceviez qu’en étendant du linge, vous en faisiez une ! Vous arrangez, vous ordonnez, vous organisez, vous agencez… Il y a tant de synonymes que vous vous demandez pourquoi vous aviez trouvé cela si complexe… Vous vous dirigez vers votre fenêtre, vous l’ouvrez. Ce seul geste est un symbole : nous sommes jeudi (« Je dis ») et vous l’ouvrez ce qui en langage peu soutenu signifie la même chose… ou presque ! Enfin faut voir.Installez votre réalisation « plastique ». Elle est en papier ou sur un support quelconque, mais elle est « plastique » parce que vous avez donné forme. Emporté·e par votre élan créatif, vous pouvez ajouter des fleurs durant toute la journée, les changer, faire dialoguer des fleurs véritables avec leur image, fabriquer des fleurs… et bien sûr prendre quelques clichés à partager sur les réseaux sociaux ou non, avec nos meilleures pensées (au sens fleuri ou non) et l’adresse de notre atelier partagé ! https://www.lagrandelessive.net/ateliers-au-jour-le-jour/

Photographier « Fleurir ensemble ! » jusqu’à la fin du confinement

 
  Nous sommes confiné.e·s encore pour des jours et des nuits. Où est l’urgence de photographier à la volée et dans l’instant ce qui ne va pas se déplacer sans notre secours ? Depuis hier, La Grande Lessive reçoit des images qui disent plus sur nos comportements qu’il n’y paraît. Nous proposons de prendre le temps de composer une image en choisissant un point de vue, une distance, une lumière, des couleurs… Nous invitons à goûter au plaisir de la prise de vue qui demande de construire, d’imaginer, de modifier ce qui est devant soi pour en faire une image qui raconte une histoire, même modeste : une fenêtre ouverte qui laisse entrevoir la rue et l’étendage, des fleurs qui se fanent face à un mur, une guirlande de dessins qui se balancent dans un lieu inattendu, un peu de ciel…
 
  Nous avons du temps pour apprendre. Nous avons du temps pour concevoir des traces qui resteront. C’est peut-être l’un des plus merveilleux cadeaux en cette période pour celles et ceux qui ne sont en charge de missions impératives à hauts risques. De notre point de vue, apprendre et inventer est une manière de les aider et de leur faire un cadeau en donnant sens à nos journées. C’est peut-être aussi une autre façon de « sauver des vies ».
 
  Nos pratiques photographiques antérieures au moyen de téléphones sortis à tout bout de champ, nos envois d’images par SMS, laissons-les de côté. Apprenons-nous à concevoir des images comme l’on cuisine un plat. Mettons-y du goût, pas n’importe quoi, n’importe comment !
 
Avant de partager 2 ou 3 images dans quelques jours, lisez : https://www.lagrandelessive.net/partager/bon-a-savoir/
Attention, adresser des images n’implique pas leur publication. Le but est d’apprendre et de faire ensemble.
Nous remercions nos ami·e·s photographes pour tous les conseils qu’il·elle·s pourront prodiguer et les contributions photographiques à ce projet.