Invitation pour La Grande Lessive® du 25 mars 2021

Jardins suspendus est l’invitation adressée à tou·te·s pour La Grande Lessive® du 25 mars 2021. Le projet est d’accrocher au moyen de pinces à linge, sur un même fil, des jardins suspendus au format A4 conçus par une infinité de personnes afin de composer un immense jardin suspendu.

L’expression jardin suspendu s’applique en général à un jardin créé dans un lieu insolite et exceptionnel. En dépit de difficultés, un jardin existe là où il n’est pas commun d’en agencer un !

En mars 2020, La Grande Lessive® invitait à Fleurir ensemble ! fenêtres et balcons. Après un deuxième confinement, Jardins suspendus incite à repérer des espaces végétaux et des temps distincts de ceux qui nous sont familiers, ou à en inventer.

Les jardins suspendus de Babylone composent un exemple célèbre de ces lieux où se mêlent mythe et réalité. L’archéologie part à leur recherche dans un Moyen-Orient qui n’est plus aujourd’hui tel que les livres d’images ancestraux le représentaient. Pourquoi ne pas partir à leur recherche afin de les reconstituer en totalité ou partie en concevant une image numérique à partir des documents trouvés ou bien en construisant une maquette bricolée avec des matériaux divers (carton, terre, charbon, etc.) avant de la photographier ?

Séneçons, Kilimandjaro

Dans cet imaginaire collectif où les Jardins suspendus de Babylone côtoyaient d’autres Merveilles du monde, contes et légendes occupaient des places de choix. Choisissons une époque ancienne, les temps actuels ou anticipons un futur plus ou moins lointain pour échafauder toutes sortes de propositions de Jardins suspendus sous toute latitude, sous l’eau ou dans les airs, sur d’autres planètes ou quelque part sur la Terre en y découvrant, entre autres, les séneçons géants rescapés des Temps préhistoriques poussant sur le Kilimandjaro.

Bosco vertical. Milan. Architecte : Stephano Boeri.DR

De nos jours, des jardins suspendus s’accrochent aux parois verticales d’immeubles avant-gardistes de métropoles et des architectes ébauchent des villes du futur croulant sous la verdure… Le paysage urbain se transforme, le besoin d’oxygène appelle la chlorophylle. Mettons-nous en quête de ces innovations, avant de partager notre point de vue.

Enclavés dans les villes ou dispersés en leurs banlieues, d’humbles jardins ouvriers et des jardins partagés offrent une alternative à ces gratte-ciel. Ces jardins horizontaux rejoignent les friches industrielles monumentales : comme elles, ils sont en attente de disparition. Ils sont Jardins suspendus. Tantôt la culture des sols nourrit une famille, tantôt leur déshérence indique une privation de ressources. Témoignons de leur vie discrète et néanmoins réelle !

Tout type de jardin développe des dimensions particulières au monde et au temps. Plus qu’ailleurs, les effets de la terre, de l’eau, de l’air, de la lumière, de l’ombre, du soleil et de la lune, de la chaleur et du froid, des saisons, de la nuit et du jour, de la vie s’y éprouvent… Plus qu’ailleurs, la Terre peut y être nourricière et consolatrice. Le jardin suscite la méditation au gré de fenêtres ouvertes sur d’autres horizons, de paysages composés avec soin, de bruit d’eau introduit pour attiser les sens… L’art des jardins multiplie les propositions des contrées volcaniques aux forêts tropicales. Explorons-les !

Comme tout jardin, les Jardins suspendus conçus pour La Grande Lessive® peuvent être peuplés d’êtres humains et d’animaux, de micro-organismes bien réels ou de créatures fantastiques, être soumis à la dormance des plantes, figés comme une sculpture ou en mouvement.

Les Jardins suspendus sur un fil existeront à flanc de feuilles de format A4. Ils seront minuscules en regard de la taille habituelle des jardins. Ils en seront la représentation, l’image (photographique, picturale, graphique, etc.) et, quelques fois, ils prendront vie pour de bon au moyen de végétaux et de minéraux.

Tous seront « suspendus » parce que l’image (la photographie, le dessin, la peinture, l’installation, etc.) aura arrêté leur développement et parce qu’ils sont hors d’atteinte : ils sont reconstitués par la mémoire, le fruit d’une lecture ou d’une vision dont l’imagination se sera emparée. Ils seront néanmoins visités du regard.

« Je sème un grain qui pourra produire un jour une moisson » disait Voltaire (1694-1778) dans le Traité sur la tolérance paru en 1763. Dans Candide, il conseillait en 1759 de « cultiver son jardin », c’est-à-dire le monde. La Grande Lessive® nous y engage aujourd’hui. Chacune de ses invitations est à lire de multiples façons en cherchant à faire résonner sa voix propre. Aucun jardin ne ressemble à un autre, chacun exhale un parfum différent ! Goûtons-les !