Que faire ensemble ?

L’invitation pour La Grande Lessive®

du 17 octobre 2019 est :

 

 « Paysages du bord de Terre…

à l’instant ‘T' »

Défi à relever : réaliser un état des lieux de la Terre en temps réel

 

 

(Photo J.G., 2019)

I

À lire pour faire La Grande Lessive®

Qu’est-ce qu’une invitation ?

  Une invitation est la base commune proposée à la manifestation d’art participatif La Grande Lessive®. Le 17 octobre 2019, l’invitation est :  » Paysages du bord de Terre « . Une invitation est l’action d’inciter quelqu’un à faire quelque chose. Il est, par conséquent, possible de ne pas participer à La Grande Lessive® si celle-ci ne vous convient pas, mais si vous l’organisez, il est interdit de la modifier à sa guise, de changer le format des réalisations, le dispositif d’étendage, les conditions de participation, la date de l’événement, etc. L’art participatif impose, en effet, des contraintes afin d’en être. Tenter d’agir ensemble est un défi !

Qu’est-ce qu’une installation artistique éphémère ?

  Une installation artistique éphémère se déploie, un jour précis, in situ, c’est-à-dire là où un collectif décide de la faire exister : rue, place, cour, espaces privés ou publics…  L’étendage a lieu en plein air, qu’il pleuve ou qu’il vente ! Le projet est de concevoir, de manière collective, un dispositif inédit, intrigant, et pourquoi pas artistique, pour faire de l’art participatif !

  Afin de vous aider, une vidéo détaillera bientôt l’invitation et le dispositif, un texte (ci-dessous) aide à réfléchir à l’invitation, cependant que des pistes de travail l’exploreront sous un angle pratique. Des documents à télécharger (affiche, etc.) sont à votre disposition et un formulaire d’inscription permet de signaler votre participation qui figurera après modération sur la carte de l’action.

Pourquoi parler de performance ?

  La Grande Lessive® offre l’occasion de travailler la performance : ce ne seront pas dix ou vingt réalisations, mais un nombre bien plus important qui sera affiché, peut-être plusieurs centaines ou milliers en même lieu. Il s’agit, en effet, d’une manifestation d’art participatif ouverte à tous et à toutes. Plus il y aura de participant(e)s de tous âges, de compétences et de conditions sociales, plus l’étendage sera vivant ! Il est, de ce fait, important de constituer des collectifs, de faire réseau sur un même territoire et, bien sûr, de partager l’invitation !

  L’impact de l’installation sur celles et ceux qui la regarderont, dépend de la conception de l’étendage, des décisions collectives et de la latitude laissée à chacun(e). C’est dire l’importance des ateliers ou/et des cours qui le précédent, quand ils existent, afin de ne pas uniformiser les réalisations. Des « prélavages » compris comme des essais d’installation, avant de choisir la version la plus en phase avec des intentions, seront peut-être utiles avant le jour « J ». Toutefois, la performance peut s’entendre aussi comme le fait d’aller au-delà de ses pratiques habituelles ou le fait de tout réaliser en improvisant. L’art participatif, c’est-à-dire celui qui sollicite la participation de chacun(e) est, en effet, une expérience à vivre.

  La Grande Lessive®est une œuvre multimédia

  Enfin, La Grande Lessive® ne se limite pas à des fils et des pinces à linge avec des réalisations de format A4. Vous êtes en train de lire ce texte grâce au numérique. Ce site est notre atelier partagé. Des documents peuvent y être téléchargés par vos soins pour témoigner de votre installation. Pensez à utiliser les réseaux sociaux, à organiser des vidéo-conférences pour échanger vos expériences, à réaliser des vidéos et à photographier, en vue de faire exister votre « Grande Lessive ».

II

L’invitation

 » Paysages du bord de Terre »

L’instant « T »

Défi à relever : réaliser un état des lieux de la Terre en temps réel

(page en cours de construction)

(Légende ?)

 Dans «  Paysages du bord de Terre », chaque mot est à interroger afin de comprendre ce qui est à faire. L’instant ‘T’ fait, pour sa part, référence à l’installation éphémère qui aurait pu être différente, à partir de la même invitation, quelques semaines ou années auparavant, et qui sera autre dans quelques mois ou années.

Paysages

  « Paysages » est écrit au pluriel afin de diversifier les versions d’un « paysage » exploré en tant que forme artistique. Ce n’est pas le paysage en général, mais un paysage particulier choisi par les soins de chaque participant qui fera l’objet d’une réalisation plastique.

  En effet, le « paysage » est une élaboration associant le regard, le point de vue, la distance, le cadrage, de même que l’agencement d’espaces, de couleurs, de formes, de textures et d’éléments divers, selon des principes variables. Le fait que les paysages se rapportent à la Terre, c’est-à-dire à la planète vivante sur laquelle nous évoluons, multiplie ainsi à l’infini les possibles.

  À l’occasion de La Grande Lessive®, le paysage réalisé pourra être naturel (à supposer qu’il en subsiste), urbain, industriel, rural, alpestre, forestier, minéral ou tout autre. Selon le lieu d’habitation, les continents, les sites, les approches, les cultures, les moments de l’année et du jour, les circonstances, la présence humaine et/ou animale, ce paysage parviendra à se transformer, en répondant en cela au principe d’une action qui recherche la singularité des réalisations.

  C’est pourquoi, si au sein d’un collectif, deux réalisations se ressemblent, les deux seront à modifier afin d’introduire une dimension éloignant des stéréotypes, des idées toutes faites, des clichés, des imitations… En définitive, le défi est d’apprendre à se détacher de modèles prêts à l’emploi pour réussir à inventer une version personnelle avant de la confronter à d’autres propositions pour alimenter la réflexion de tous. Le projet est, également, de prendre appui sur des démarches engagées lors de précédentes éditions de La Grande Lessive®. Nous avions exploré : « La tête en bas », « De jour comme de nuit, réfléchir la lumière », « Ma vie vue d’ici », « Que les couleurs du monde ! », «  Pierres à images et pierres à imaginer », «  Une installation : un fil, des fils, une trame »… De telles expériences, et bien d’autres encore issues, en particulier, de démarches d’artistes anciens ou contemporains, ont déjà initié des apprentissages et en amorceront de nouveaux, pour notre plus grand plaisir.

Terre

   La Terre est ici entendue comme l’est la mer dans l’expression « Paysage du bord de mer ». C’est un sujet vivant à considérer. Il y a à se tourner vers elle. Dès lors, la personne qui décide de représenter un paysage, se place en un point de vue qui lui permet de cadrer une part d’une étendue immense. Elle délimite ainsi une forme et organise des éléments à l’intérieur d’un cadre. Elle compose un paysage. Pour y parvenir, elle peut associer plusieurs techniques ou en privilégier une seule, conjuguer image et texte ou laisser parler l’image… Le choix délibéré de la photographie, du dessin, de la peinture, du collage, de l’assemblage, de l’image numérique ou de la poésie visuelle, facilitera la diversification des versions. Le paysage pourra être en noir et blanc ou en couleur, à peine évoqué, réaliste ou abstrait… Chaque personne − quel que soit son âge − décidera de son approche.

  « Paysages du bord de Terre » insiste, toutefois, sur l’intérêt de changer de point de vue et de regarder en direction de la Terre. La Terre, son actualité et son devenir, réclament, en effet, de retenir toute notre attention et notre inventivité. C’est pourquoi La Grande Lessive® propose d’en débattre par des moyens artistiques en pratiquant les arts plastiques. Attention ! « Plastique » est entendu ici comme ce qui change de forme, et, en aucun cas, comme un matériau synthétique ou artificiel. Nous vous demandons même de ne pas employer celui-ci lors des « Grandes Lessives » et de n’utiliser ni pinces à linge ni supports ou pochettes plastiques.

  Il devient ainsi possible de se placer sur la frange littorale − y compris les pieds dans l’eau − pour saisir une part de ce qui s’offre à la vue. Toutefois, la présence de la mer n’est pas nécessaire. Un cours d’eau, un lac, un étang, une source, etc. seront aussi utiles qu’un élément quelconque qui rompra avec un paysage continental ou désertique. Le lexique de la géographie ouvre, en ce sens, des pistes nombreuses et variées ; la curiosité, la marche, le déplacement, la fréquentation des expositions et des images animées aussi.

Bord

  En marine, le « bord » est le bateau lui-même. Habitant sur Terre, nous nous retrouvons tous assujettis au sort de cette planète. « Paysages du bord de Terre » propose de s’intéresser aux relations que nous y entretenons. En ce sens, « bord » évoque aussi bien la limite, la lisière, le cadre, la bordure, l’arête, le contour, le côté, la marge, l’extrémité, le pourtour… Nous avons les pieds sur Terre et nous prenons le temps de considérer certains de ses aspects les plus inquiétants, les plus exceptionnels, les plus extrêmes… comme ce qui en fait sa consistance et son attrait !

  Le bord renvoie, aussi, à la place que nous nous attribuons quand nous représentons un paysage : nous sommes rarement dedans, toujours hors champ et le cadre témoigne de notre regard.

(Gravure représentant la Place Saint-Pierre à Basel)

(Thomas Moran, L’heure rouge, 1875)

III

En octobre et en mars

 

L’édition du 17 octobre 2019 de La Grande Lessive® et celle du 26 mars 2020 auront pour invitation :  » Paysages du bord de Terre ». Cependant, chaque édition développera des pratiques différentes.

  •   À chaque fois, il s’agira de concevoir un étendage éphémère composé de fils et de réalisations de format A4 à partir de « Paysages du bord de Terre ». Cette installation se fera dehors qu’il pleuve ou qu’il vente. Ainsi le paysage sera représenté par différents moyens plastiques au sein d’un paysage réel. L’installation des fils fera l’objet d’une réflexion collective afin de dialoguer au mieux avec les éléments du paysage : couleurs, matériaux, formes, points de vue, distances, perspectives… La déambulation des spectateurs sera prise en considération afin de mettre en place les fils et définir la hauteur des réalisations. La Grande Lessive® est une installation artistique éphémère qui dure une journée et qui s’implante en situation dans un lieu choisi par un collectif. Il est, de ce fait, important de donner à comprendre ce projet par l’aspect de l’installation et le respect de l’invitation (en ce cas, l’Instant ‘T’).
  •   À chaque fois, il sera indispensable de travailler ensemble. L’art participatif implique la coopération et l’observation de consignes. Il demande aussi de l’invention afin que les réalisations soient différentes les unes des autres, dans le respect de l’invitation commune. Aucune série dupliquant un même modèle imposé par un tiers n’est, de ce fait, admise.
  •   Le 17 octobre, il s’agira de privilégier les témoignages : observer ce qui se passe autour de soi, documenter certains aspects de son environnement, puiser dans sa mémoire afin de représenter des aspects qui existent et ne sont pas présents, rechercher des images chocs, etc. ou métamorphoser un paysage grâce aux mots en allant aux limites de l’identification.
  • En octobre, le défi à relever sera de réaliser un état des lieux de la Terre en temps réel.

  • Le 26 mars, il s’agira de ne surtout pas refaire ce qui a déjà été fait. Nous ne dévoilons pas tout de suite ce qui sera proposé afin de ne pas créer la confusion entre les deux propositions.

© Joëlle Gonthier, La Grande Lessive®, mai 2019.

(Photos de Turnip Rock, Port Austin, U.S.A. en été et en hiver)

 

(Ernesto Neto, Flower Crystal Power, 2014)

(Hans Haacke, installation au Musée de la Reine Sophie, Madrid 2012 et Beach Pollution, 1985, situé en arrière-plan dans l’installation)

 

 (Marcel Broodthears, La salle blanche, 1975)