Les pistes de travail complètent, avec les repères, l’invitation adressée à tous à l’occasion d’une Grande Lessive®. Dans un premier temps, l’exploration individuelle et collective du libellé de l’invitation ouvre un champ très vaste. Vient ensuite la nécessité d’effectuer des choix en vue de concevoir une réalisation à exposer. Entre anticipation et évaluation, les pistes aident à définir une approche singulière. Elles ne sont ni des modèles à suivre tels quels ni à prescrire. Réservées à un usage personnel, ces pistes sont régies par la propriété intellectuelle. Toute diffusion sur tout type de support (site, document de stage, etc.) doit faire l’objet d’une convention avec l’association La Grande Lessive® et d’une rétribution.

 

Qu’est-ce qu’une piste ?

Une piste permet de passer de l’inaction à l’action, de l’absence de pratique à l’amorce d’une démarche artistique. Elle offre un support à la réflexion, oriente des recherches. Si les réalisations conçues pour la prochaine « Grande Lessive » venaient à se ressembler au sein d’un même collectif, si les références artistiques conduisaient – non pas à découvrir sa propre manière de faire – mais à imiter plus ou moins maladroitement une oeuvre ou un artiste, cet état de fait serait inverse à celui attendu.

Une méthode ?

La démarche créative débute par le questionnement de l’invitation. Quels mots ? Quelle expression ? Quelles significations pour les plus jeunes ou des adultes ? Cette invitation change à chaque « Grande Lessive » afin d’investir différents registres et problématiques des arts plastiques. De la diversité des voies investies dans le respect de la proposition initiale naissent la coopération, le partage de connaissances et de compétences, de même que la portée sociale et artistique de cette entreprise collective.

Un projet coopératif ?

Il s’agit de concevoir, un même jour tout autour de la Terre, une installation artistique éphémère au moyen de fils, de pinces et de réalisations de format A4 conçues à partir d’une invitation commune. Cette installation se réalise en extérieur. Son agencement demande d’envisager l’invitation du moment, les contraintes météorologiques, techniques et de sécurité, l’intervention et le déplacement de, personnes, etc. Comme chaque réalisation individuelle contribue à une oeuvre collective issue de la coopération, le respect de l’invitation initiale est primordial. C’est pourquoi les pistes ne reformulent pas, mais la questionne.

Un processus créatif

Wolf Tekook, 2011, DR

Suivre des ombres du regard, apprécier leurs transformations, interpréter leurs formes et leurs mouvements en vue de rêver, immobiliser certains de leurs états, s’amuser à en produire de plus inattendus pour s’aventurer à créer est la proposition de La Grande Lessive® initiée par l’expression « ombre(s) portée(s) ». En somme, il s’agit d’expérimenter l’art en train de se faire en imaginant des situations qui occasionnent des effets d’ombres et de lumières, avant d’en retenir certains pour les partager

Une combinaison de médias

Christian Boltanski, Théâtre d’ombre, 1984-1997, DR

Dessin, peinture, photographie, photogrammes, vidéo, ainsi que des moyens alliant images et mots, sons et lumières, mouvements et gestes, et bien d’autres combinaisons, seront associées afin de développer un univers et un environnement particuliers. L’installation se composera de réalisations plastiques de format A4 suspendues, en plein air, de jour comme de nuit, à des fils tendus à travers places et rues.

Un dispositif à plusieurs dimensions

Lee Friedlander. Wilmington, Delaware. 1965, MoMA, DR

Du format A4 dédié à une réalisation individuelle à l’étendage de plusieurs dizaines ou centaines de réalisations composant une installation artistique éphémère, le projet est le même : travailler avec des ombres portées.

Il s’agit de s’interroger sur ce qu’elles sont, de même que sur les effets et les significations qu’elles engendrent pour concevoir une version singulière en choisissant un point de vue, une technique, etc. Il s’agit également de comprendre que l’accumulation sur un même fil d’approches différentes occasionne de nouvelles perceptions et résonnances, et qu’enfin les jeux de lumières animant cette installation collective questionnent d’autre manière les ombres portées en y intégrant parfois l’ombre de nos corps.

Expérimenter

Choisissons un point de départ ludique et facile à réaliser. Suspendons des draps blancs à des fils tendus en extérieur comme dans les « grandes lessives » d’autrefois. Installons des couloirs de circulations et des sources lumineuses. Jouons avec eux. Faisons-le de jour comme de nuit, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente ! Voyons ce que cela donne ! Photographions et filmons les ombres portées. Recommençons. Inventons de nouvelles configurations. Varions les textures des draps : opaques, transparents, déchirés, troués… Changeons leurs couleurs, leurs motifs et leurs plis. Modifions nos déplacements pour les toucher ou s’en éloigner. Varions de points de vue : plongée, contre-plongée, latéral… Disposons des miroirs. Projetons des ombres et des reflets… Dessinons, peignons, teignons, photographions, filmons…

Installons des corps (humains, des animaux, des végétaux, des minéraux, des objets…) devant et derrière les draps et devant une source lumineuse. Relevons leurs ombres sur les draps, le sol, les murs, etc. au moyen de tracés à la craie. Apposons des supports en papier de format A4 ici et là pour relever des fragments d’ombres. Photographions et filmons, encore et toujours, mais n’oublions pas de regarder ensuite ces images ! L’objectif n’est pas de les accumuler en grand nombre, mais de sélectionner l’approche qui nous semble la plus pertinente et singulière en regard d’ombres portées.

Associer ou dissocier cause et effet

Robin Broadbent, Up Close, DR

Une ombre portée dont l’origine ne se devine pas, se transforme en énigme. Elle paraît effrayante jusqu’au moment où sa cause est enfin connue : un monstre gigantesque n’est qu’un chaton vulnérable, etc. En variant les causes et les effets, en choisissant des objets usuels, des jouets, des accessoires vestimentaires, des aliments, etc., imaginons toutes sortes d’ombres portées. Leur interprétation permettra ou nous de concevoir des séquences, de raconter des histoires comme à l’époque du cinéma muet, etc.

Associer ou dissocier cause et effet

Robin Broadbent, Up Close, DR

Une ombre portée dont l’origine ne se devine pas, se transforme en énigme. Elle paraît effrayante jusqu’au moment où sa cause est enfin connue : un monstre gigantesque n’est qu’un chaton vulnérable, etc. En variant les causes et les effets, en choisissant des objets usuels, des jouets, des accessoires vestimentaires, des aliments, etc., imaginons toutes sortes d’ombres portées. Leur interprétation permettra ou nous de concevoir des séquences, de raconter des histoires comme à l’époque du cinéma muet, etc.

Interpréter

Vincent Bal, DR

Toute ombre portée engage à l’interpréter, c’est-à-dire à « rendre clair ce qui est obscur » afin d’expliquer ou de trouver une signification. Le jeu va consister à interpréter une première ombre portée, avant d’en inventer de nouvelles pour faire évoluer l’histoire. L’objectif est de comprendre ce que signifie « interpréter ».

La couleur des ombres

Quelle est la couleur d’une ombre ? Le noir semble de mise, avant que les Impressionnistes ne la voient bleue ! À partir d’une même observation et d’un même relevé, explorons ce que transforme le fait de changer la couleur de l’ombre. Comprenons-nous toujours qu’elle en est une ? Ne la prenons-nous pas parfois pour un autre objet ? Quelle est sa couleur à midi et celle du soir ? Prenons des bouteilles et des verres colorés, de quelles couleurs sont leurs ombres ? Peignons, photographions… Jouons avec des gélatines pour modifier la couleur de la lumière : quel effet on-t-elles sur la couleur de l’ombre ?

Olafur Eliason, Shadows, 2010, Tate Modern, DR

La part d’ombre

Silhouette de Rodolphe Salis, le gentilhomme cabaretier du Chat-noir, Bnf, DR

Dans le dossier Cent portraits/cent visages conçu par Joëlle Gonthier pour la Bibliothèque nationale de France, plusieurs portraits comporte une part d’ombre. Debbie Fleming Caffery, utilise le contre-jour dans Polly’s black eyed susans réalisé en1989. Louis de Clercq (1836-1901) réalise sur un négatif sur papier ciré, Souedieh. Séleucie. Statue de l’Oronte en 1859.

Charles Gerschel (actif vers 1890-1930), photographie la Silhouette de Rodolphe Salis, le gentilhomme cabaretier du Chat-noir devant l’écran du fameux théâtre d’ombres chinoises
vers 1895. D’autres portraits mis en regard les uns des autres et de nombreuses pistes de travail attendent d’être visités…

http://expositions.bnf.fr/portraits/pedago/cent/index.htm

Devenir une ombre /porter une ombre

La démarche parle de l’artiste Kyle Thomson parle d’elle-même. Nous vous laissons en sa compagnie.

Kyle Thompson, Autoportrait, DR