Les pistes de travail complètent, avec les repères, l’invitation adressée à tou·te·s à l’occasion d’une Grande Lessive®. Dans un premier temps, l’exploration individuelle et collective du libellé de l’invitation ouvre un champ très vaste. Vient ensuite la nécessité d’effectuer des choix en vue de concevoir une réalisation à exposer. Les pistes sont imaginées en vue d’anticiper les perspectives offertes par certains choix. Entre anticipation et évaluation, elles vous aident à définir votre approche personnelle. Elles ne sont ni des modèles à suivre tels quels ni à prescrire.

Qu’est-ce qu’une piste ?

Une piste permet de passer de l’inaction à l’action, de l’absence de pratique artistique à l’amorce d’une démarche. Les pistes publiées le sont afin de nourrir une réflexion personnelle. Elles n’ont pas vocation à être imposées à d’autres personnes. Si les réalisations conçues pour la prochaine « Grande Lessive » venaient à se ressembler au sein d’un même collectif, si les références artistiques conduisaient – non pas à découvrir sa propre manière de faire – mais à imiter plus ou moins maladroitement, cet état de fait ne correspondrait pas à celui attendu. Nous visons, en effet, l’autonomie de chaque spectacteur·trice.

Réservées à un usage personnel, ces pistes sont régies par la propriété intellectuelle. Toute diffusion sur tout type de support (site, document de stage, etc.) doit faire l’objet d’une convention avec l’association La Grande Lessive® et d’une rétribution.

Une méthode ?

La recherche de pistes de travail fait partie de la démarche à entreprendre. Elle débute, à plusieurs, par le questionnement des mots qui composent l’invitation. À chaque « Grande Lessive » correspond une invitation à explorer afin que les spectacteur·trice·s de cette installation artistique agissent en coopérant. De la diversité des voies investies dans le respect de la proposition initiale naît l’intérêt de cette oeuvre collective.

Un projet coopératif ?

Il s’agit de concevoir, un même jour tout autour de la Terre, une installation artistique éphémère au moyen de fils, de pinces et de réalisations de format A4 conçues à partir d’une invitation commune. Cette installation se réalise en extérieur. Son agencement demande d’envisager l’invitation du moment (« Inventons notre histoire ! »), les contraintes techniques et sanitaires, les déplacements des spectacteur·trice·s, etc. Chaque réalisation individuelle contribue ainsi à une réalisation collective issue de la coopération. Le respect de l’invitation commune est de ce fait primordial.

Pistes de travail « Tous des oiseaux ? »

L’invitation « Tous des oiseaux ? » appelle curiosité, observation, invention et pratiques.

Des éléments communs

« Qu’est-ce qu’un oiseau ? » conduit à recenser les caractéristiques d’un oiseau en général et les éléments indispensables à sa représentation. « Représenter » est rendre présent sous une forme différente de sa réalité. Cet accord sur une base nécessaire à l’identification d’un dessin, d’une peinture, d’une photographie, d’un modelage, etc. en tant qu’«oiseau » permet de faire varier des composantes comme dans un jeu de construction.

Cette étape associe observation et analyse, manipulation d’éléments plastiques (fragments d’images, volumes, etc.) selon les âges et les contextes.

N’oublions pas que « les oiseaux sont considérés comme appartenant au groupe des dinosaures. Si les oiseaux se caractérisent notamment par un bec corné, des plumes et pondent des œufs, ce sont leurs membres antérieurs formant des ailes qui frappent l’imaginaire. Très similaire dans leur morphologie, ils sont très diversifiés dans leurs comportements et milieu de vie. » (Museum national d’histoire naturelle)

Diversifier les représentations

La seconde étape consiste à saisir sur quoi agir. Il est possible de conserver le schéma corporel de l’oiseau ou non, de changer la taille de l’animal, ses proportions, sa forme, ses couleurs, etc. Aucun oiseau ne ressemble à un autre, à plus forte raison si en plus les états de l’oiseau sont variés (de l’oisillon à l’animal adulte ; de la vie à la mort) et ses postures ou actions également.

À cette infinité de possibilités s’ajoutent celles liées à une connaissance plus fine des oiseaux. Un oiseau réduit à ses caractères principaux n’est pas le geai, la cigogne, l’oiseau-mouche, la mésange, le perroquet, l’albatros, le martin-pêcheur, l’aigle, etc.

L’observation et l’étude des oiseaux contribue ainsi à les connaître et à les reconnaître, et à les représenter. De plus en plus de détails singuliers dotent cet oiseau d’une identité et d’une histoire. Or, c’est ce qui est recherché dans une « Grande Lessive » : aucune réalisation ne doit être identique à une autre parce que, comme les oiseaux, nous sommes tous différents ! En plus, les pratiques artistiques ont vocation à créer des univers d’intensités différentes. Un oisillon peut devenir fragile ou inquiétant, un vautour inspirer la compassion, un pélican faire rire, etc.

En développant un point de vue particulier à partir de l’invitation commune « Tous des oiseaux ? », chaque personne renforce les qualités plastiques de sa réalisation. Des questions très ordinaires aident à franchir cette étape : « À quelle distance est l’oiseau ? », « Est-il visible en intégralité et au centre du support ou en marge, à moitié hors champ ? ». Plus nous chercherons à le charger d’une histoire, plus le stéréotype s’éloignera pour céder la place à une représentation singulière. Ainsi, décider de s’intéresser à l’oiseau en tant qu’animal réel ou de le pouvoir de traits humains et fictifs accentuera également l’écart entre les représentations et leurs dimensions artistiques.

Représenter ou évoquer

« Représenter » est rendre présent ce qui est absent. L’oiseau réel n’est pas sur la feuille de papier. C’est son image qui s’y trouve. Au moyen de signes imaginés au fil des ans par des êtres humains, il devient possible de donner l’illusion d’une présence, de donner la sensation d’un volume, et de prendre pour un oiseau ce qui n’est qu’encre et papier. Toute représentation est une évocation puisque l’oiseau n’est pas là. Cependant, il est possible d’introduire des nuances : la représentation utile à la biologie n’est pas celle de la fable ou de la poésie. L’évocation s’accroît quand quelques indices suffisent à suggérer l’oiseau : un ombre, une empreinte de patte, une plume, un chant… Attention cependant à ne pas tomber dans le procédé, c’est-à-dire dans l’utilisation répétée du collage d’une plume pour évoquer un oiseau ! L’évocation sollicite une approche personnelle faite de souvenirs et de sensations uniques. Les pratiques artistiques aussi d’ailleurs !

Un portrait

Le terme « portait » pour qualifier les représentations d’oiseaux peut surprendre. L’oiseau sera le sujet principal de chaque réalisation. Il en est l’unique personnage. La démarche qui lui confère une identité au moyen de la représentation détaillée ou d’une autre forme d’évocation, se rapproche de celle du « portait ». Le portrait n’implique pas, en effet, uniquement le visage. Il peut être « en pieds », c’est-à-dire inclure l’intégralité d’un corps, afin de proposer une image globale.

Un portait sans décor

L’attention demandée pour représenter ou évoquer un oiseau est considérable, introduire un fond ou un décor engage un autre type de travail. Or La Grande Lessive® est une manifestation d’art participatif qui demande que chaque réalisation individuelle résonne avec les autres pour faire oeuvre commune. L’invitation « Tous des oiseaux ? » facilite l’expérimentation de cette dimension.

L’installation d’oiseaux peints, dessinés, photographiés, etc. sur des fils rappellera les regroupements de volatiles sur des fils comparables. Un support opaque et blanc de format A4 (feuille de papier cartonné ou non), un support translucide (type papier calque) ou transparent incolore, peut être utilisé. L’opacité réverbérera la lumière, quand la translucidité et la transparence joueront avec elle d’autre manière en laissant deviner ou voir l’environnement. Ce support accroché à un fil au moyen de deux pinces à linge permettra de présenter l’oiseau à l’endroit ou à l’envers, soit la tête ou les pattes près du fil. Afin d’accroître les dimensions artistiques, nous vous demandons de n’ajouter aucun décor, cage ou cadre. Un oiseau par feuille suffit.

Tous des oiseaux ?

Cette invitation demande de s’interroger sur le désir si partagé de posséder des pouvoirs équivalents à ceux des oiseaux. Leur liberté de déplacement et leur lien avec la poésie constituent deux de leurs atouts pour faire nous faire rêver. Il en existe bien davantage. La question adressée à tous permet de susciter une infinité de réponses. Le projet de La Grande Lessive® est d’aider à les formuler et à les entendre. C’est pour ce motif qu’aucun modèle n’a à être imposé à un collectif ou à une classe y prenant part.

Dispositif et format A4

Le dispositif de La Grande Lessive® concourt à identifier cette installation et facilite la participation, puisque partout dans le monde, il est semblable pour tous. De même que l’invitation « Tous des oiseaux ? », il ne peut être changé du fait des participants. Il s’agit d’une installation artistique éphémère. Son implantation peut varier selon les lieux. Toutefois, elle se réalise toujours en extérieur au moyen de fils tendus entre des supports verticaux (arbres, poteaux, candélabres urbains, etc.), jamais contre des grilles ou grillages.

Les réalisations sont toujours individuelles et de format A4. Aucune pochette performée en plastique ne doit les protéger. Comme indiqué plus haut, pour « Tous des oiseaux ? », un support opaque et blanc (feuille de papier cartonné ou non), un support translucide (type papier calque) ou transparent incolore, peut être utilisé. L’opacité réverbérera la lumière, quand la translucidité et la transparence joueront avec elle d’autre manière en laissant deviner ou voir l’environnement. Ce support accroché à un fil au moyen de deux pinces à linge permettra de présenter l’oiseau à l’endroit ou à l’envers, soit la tête ou les pattes près du fil.